La Peugeot 504 fait partie des voitures anciennes qu’on croise encore souvent dans les annonces et dans les souvenirs de famille. Routière robuste, déclinée en berline, break, coupé, cabriolet et pick-up, elle intéresse autant les curieux que les collectionneurs et les acheteurs qui veulent une ancienne utilisable sans viser une auto de musée.
Produite à plus de 3,7 millions d’exemplaires, entre 1968 et 2005, la 504 n’est pas rare au sens strict. Ce sont surtout certaines versions, certains états de conservation et certaines motorisations qui font varier sa valeur sur le marché.
Une routière Peugeot devenue modèle patrimonial
La Peugeot 504 succède à la 404 et précède la 505 dans la lignée des grandes berlines familiales de la marque. Lancée en 1968, elle reçoit le trophée européen de la voiture de l’année en 1969. Dès son lancement, elle s’impose comme une routière reconnue pour son équilibre général.

Son architecture reste classique : moteur longitudinal avant, propulsion, gabarit généreux et présentation sérieuse. La berline mesure 4 490 mm de long, tandis que le break atteint 4 800 mm. La largeur est de 1 690 mm, avec une hauteur de 1 460 mm pour la berline et 1 550 mm pour le break. Le coffre de 448 dm3 confirme l’orientation familiale et routière du modèle.
La 504 a aussi construit sa réputation hors d’Europe. La production européenne s’étend de 1968 à 1996, mais la carrière internationale va plus loin : Argentine de 1969 à 1999, Afrique du Sud de 1970 à 1985, Taïwan de 1979 à 1984, Chine de 1989 à 1997, Kenya jusqu’en 2004 et Nigeria jusqu’en 2006. Cette diffusion explique pourquoi la voiture garde une image de solidité, notamment sur les routes difficiles et dans les usages intensifs.
Carrosseries et moteurs : toutes les 504 ne racontent pas la même histoire
Berline, break et pick-up : les versions les plus rationnelles
La berline représente l’image la plus connue de la Peugeot 504 : une quatre portes confortable, sobre, adaptée aux trajets familiaux comme aux longues distances. Le break ajoute une dimension pratique évidente, avec un volume utile supérieur et une silhouette très appréciée par ceux qui veulent une ancienne capable de transporter réellement. Dans ces deux cas, la recherche porte souvent sur une voiture saine, complète et simple à remettre en route.
Tout savoir sur la Peugeot 504 : histoire et caractéristiques · Découvrez l’histoire complète et les spécificités techniques de cette berline emblématique produite par Peugeot entre 1968 et 1996.
Le pick-up occupe une place à part. Produit de 1968 à 1996, il a souvent été utilisé comme véhicule de travail, parfois dans des conditions sévères. Sur le marché actuel, son intérêt dépend donc beaucoup de l’état de caisse, de la corrosion, de la benne et de la qualité d’une éventuelle remise en route. Une annonce à 3 400 € peut attirer, mais elle ne se compare pas directement à un exemplaire restauré ou sain affiché à 14 990 €.
Coupé et cabriolet : les déclinaisons les plus désirables
Les coupés et cabriolets, produits dans la période 1968-1983 avec les autres carrosseries principales, sont les versions les plus recherchées en collection. Leur ligne signée Pininfarina, leur diffusion plus limitée et leur caractère plus statutaire justifient des prix nettement supérieurs aux berlines courantes. Pour ces modèles, la qualité de présentation compte presque autant que l’état mécanique.
Les annonces observées montrent bien cet écart : on trouve des Peugeot 504 cabriolet à 23 990 €, 24 500 €, 36 900 € ou encore 38 490 €. Les coupés V6 peuvent apparaître autour de 19 990 €, 24 990 € ou 29 990 € selon l’état, la présentation et la configuration. À ce niveau de prix, l’acheteur ne paie plus seulement une ancienne Peugeot : il achète une carrosserie, une signature de style et une rareté relative.
Essence, diesel et V6 : choisir selon l’usage
La gamme moteur est large. En essence, on retrouve notamment le 1.6 de 62 ch, le 1.8 décliné en 73, 79, 82, 97 ou 104 ch, le 2.0 en 93, 96, 104 ou 106 ch, ainsi que le V6 2.7 de 136 ou 144 ch. En diesel, les blocs recensés vont du 1.9 de 49, 50 ou 56 ch au 2.1 de 59 ou 65 ch, puis au 2.3 de 70 ch.
La puissance maximale globale s’étend donc de 49 à 144 ch, avec des vitesses maximales indiquées entre 143 et 192 km/h et un 0 à 100 km/h compris entre 11,5 et 20,7 s. Ces chiffres rappellent qu’une 504 diesel n’a pas la même vocation qu’un coupé V6. La première séduit par sa simplicité et sa sobriété d’usage, le second vise davantage le plaisir, la collection et la valeur patrimoniale.
| Version | Intérêt principal | Points à surveiller |
|---|---|---|
| Berline | Accès raisonnable à la 504 classique | Corrosion, historique, état intérieur |
| Break | Usage familial et capacité de chargement | Train arrière, plancher, hayon |
| Coupé | Style Pininfarina et valeur collection | Authenticité, pièces spécifiques, peinture |
| Cabriolet | Version plaisir très recherchée | Capote, structure, conformité |
| Pick-up | Robustesse et look utilitaire | Benne, châssis, réparations anciennes |
Pourquoi la Peugeot 504 reste recherchée en occasion et en collection
La 504 réunit trois qualités rarement présentes ensemble : une vraie notoriété historique, une mécanique globalement compréhensible et une diversité de versions qui permet plusieurs niveaux d’achat. Un amateur peut viser une berline abordable, un collectionneur un cabriolet élégant, un utilisateur occasionnel un break ou un pick-up atypique. Cette souplesse explique une part de sa cote.
Sa réputation s’est aussi nourrie d’usages exigeants. La 504 est associée aux grands trajets, aux routes africaines, aux rallyes africains comme le Safari ou le Bandama, et à une endurance qui dépasse le simple discours nostalgique. Cette image compte dans la valeur perçue : une voiture ancienne n’est pas seulement jugée sur sa fiche technique, mais sur ce qu’elle a montré capable d’encaisser.
Pour évaluer une 504, il faut regarder la carrosserie, les soubassements et les documents avec la même attention. Les longerons, les planchers, les ancrages de suspension, les bas de caisse et la cohérence des numéros disent plus qu’une peinture brillante. Une auto patinée mais saine peut être une meilleure base qu’un exemplaire très propre en apparence, mais fragile dessous. Cette lecture évite de confondre charme visuel et vraie solidité.
Prix observés : comprendre les écarts avant de comparer les annonces
Les prix de Peugeot 504 varient fortement parce que le marché mélange des véhicules très différents. Sur La Centrale, 20 annonces visibles donnent des exemples à 9 990 €, 11 990 €, 14 990 €, 23 990 €, 24 990 €, 25 990 €, 29 990 € ou 38 490 €. Sur Leboncoin, un volume de 135 annonces montre une fourchette encore plus large, avec notamment un pick-up à 3 400 €, un coupé V6 C31 à 19 990 €, un cabriolet à 24 500 € et un cabriolet 2L Amarillys à 36 900 €.
Ces montants ne forment pas une cote unique. Ils indiquent plutôt des familles de marché. Une berline en état correct se compare à une autre berline, pas à un cabriolet. Un pick-up à remettre en route ne se compare pas à un utilitaire restauré. Un coupé V6 complet, sain et conforme administrativement aura une logique de prix différente d’une voiture incomplète ou modifiée.
Les critères qui changent réellement la valeur
Avant de retenir un prix, il faut examiner l’année, la version, le kilométrage, l’énergie, la boîte, la localisation et surtout l’état réel. Les annonces les plus rassurantes détaillent la provenance, les travaux effectués, la présence d’un contrôle technique, la carte grise et parfois la mention collection. Sur une Peugeot 504, ces éléments pèsent vite plus qu’une simple ligne de prix.
Une carte grise collection, une mention FFVE ou un label FFVE obtenu en 2020, lorsqu’ils sont indiqués, apportent une réassurance administrative. Ils ne remplacent pas l’examen mécanique, mais ils peuvent confirmer que le véhicule est identifié et inscrit dans une logique patrimoniale. À l’inverse, une sortie de grange peut être séduisante, mais elle implique souvent pneus, freins, fluides, durites, réservoir, électricité et remise en route complète.
Bien acheter une Peugeot 504 : les points de contrôle prioritaires
Une Peugeot 504 peut être un achat passionnant, à condition de ne pas se laisser guider uniquement par la nostalgie. Le premier réflexe consiste à demander des photos précises des zones basses : bas de caisse, passages de roue, planchers, coffre, baie de pare-brise et dessous de portes. La corrosion est souvent plus déterminante que le kilométrage affiché.
Il faut ensuite vérifier la cohérence entre la version annoncée et la voiture réelle : moteur, finition, carrosserie, documents, puissance fiscale. Une annonce mentionnant 11 CV fiscaux, 1 971 cm3 et environ 93 ch, par exemple, doit correspondre à une configuration identifiable. Les modèles transformés ou incomplets ne sont pas forcément à éviter, mais leur prix doit refléter cette réalité.
- Comparer uniquement des carrosseries équivalentes : berline avec berline, cabriolet avec cabriolet.
- Demander l’historique d’entretien, même partiel, et les factures disponibles.
- Contrôler la conformité administrative avant tout acompte.
- Prévoir un budget de remise à niveau pour une voiture immobilisée longtemps.
- Se méfier d’une restauration esthétique sans preuve de travail structurel.
La meilleure Peugeot 504 n’est donc pas toujours la moins chère ni la plus brillante. C’est celle dont la version, l’état, les papiers et le prix racontent la même histoire. Pour un premier achat, une berline saine peut offrir le meilleur équilibre. Pour la collection, un coupé ou un cabriolet bien documenté reste plus désirable, mais aussi plus exigeant à acheter correctement.


